|
galerie | expositions courantes | |
| expositions | expositions passées | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | ||
| services spécialisés | 2009 | ||
| artistes | |||
| informations | |||
Expositions présentement à Art Mûr
Révélations Du 12 janvier au 27 février 2010
Aniconia Du 12 janvier au 27 février 2010
La fin d'un arc-en-ciel Du 12 janvier au 27 février 2010
|
Espaces locatifs (2e étage)
|
|
|
Révélations Du 12 janvier au 27 février 2010
Texte de Véronique Leblanc
Réalisées à partir de matières prélevées à même le paysage, les œuvres de Patrick Beaulieu entretiennent un rapport métonymique au territoire. Par l'utilisation de fragments de la nature, ses œuvres expriment le tout au moyen du détail; le voyage et la traversée des frontières sont contenus dans une plume d'oiseau migrateur, le destin d'un papillon monarque dans une aile ou celui d'un arbuste dans le déploiement d'une branche. Ces vestiges dont l'artiste parvient à extraire la poésie, sont mis à l'épreuve d'infatigables mouvements, de sorte qu'ils s'altèrent, voire remettent en question ce qu'ils nous donnent à voir. Préalablement cueillis par l'artiste, ces éléments sont tantôt soumis à une force giratoire qui contribue à effacer leur forme, tantôt harcelés par des jeux d'éclairages qui laissent apparaître auprès d'eux des ombres fuyantes. Les investigations paysagères de l'artiste s'attardent autant à la fragilité des éléments de la nature qu'au caractère approximatif de notre perception du réel. Rejouant les rapports entre le son ou la lumière, le mouvement et l'image, l'artiste explore le potentiel de l'onde et du faisceau à activer la matière, en même temps que la capacité d'un objet en mouvement à générer un pattern visuel ou sonore. Sous l'emprise d'un perpetuum mobile, les installations de Patrick Beaulieu procèdent souvent d'une circularité ou d'un balancement. Du mouvement énigmatique des électrons à la révolution des astres, l'idée d'un perpetuum mobile fait écho à celle d'infini tout comme elle évoque le mystère entourant certains phénomènes naturels. C'est bien ce mystère que l'artiste éveille dans la création de ce qu'il nomme lui-même un « vertige contemplatif ». Mettant en scène des formes qui tourbillonnent, ondulent, ondoient, virevoltent, percutent, s'envolent et tremblent, ses œuvres produisent des images et des atmosphères énigmatiques à partir de différentes intensités et fréquences. Ici, la matière qu'on éprouve trouve la force de sa présence dans le fait de se dérober à la perception humaine et de résister à la mesure des outils technologiques. Entre matérialité et dématérialisation, apparition et disparition et par la superposition de ces phénomènes contradictoires, ses œuvres gagnent en densité ce qu'elles perdent par l'effritement même de la matière. Elles sèment le doute sur la nature des choses et fragilisent l'évidence des contours. Interrogeant les moyens dont nous disposons pour aborder la nature, les Révélations de Patrick Beaulieu suscitent notre fascination et s'offrent au regard comme autant d'expériences poétiques de l'insaisissable.
|
Patrick Beaulieu
Patrick Beaulieu
|
|
|
Aniconia Du 12 janvier au 27 février 2010
Texte de Catherine Barnabé
Marcel Duchamp n’est jamais bien loin lorsque des artistes transposent des éléments du quotidien vers l’art. Tout près aussi quand il est question des rapports de tension entre la sexualité et le regard, la vision. Son ombre surgit sporadiquement en art contemporain pour permettre l’élaboration d’un fil de pensées, pour valider ou expliquer des formes. Formes qui souvent sont des appropriations, des redéfinitions utilisées avec sarcasme ou de façon politique. La pluralité des médiums (peinture, installation, sculpture, textile, œuvre digitale, bijou) avec lesquels Colleen Wolstenholme travaille pourrait laisser croire à un éparpillement, à un désir trop grand de tout explorer mais l’artiste a un leitmotiv fort qui sublime tout : le soucis d’une réflexion sur la condition féminine. C’est donc ce qui lie le disparate; les moyens qu’elle prend ne peuvent être que pluriels pour explorer, faire résonner son discours. Ses œuvres se font écho, souvent avec une volonté assumée de provoquer tous et chacun, peu importe le parti pris. La Néo-Écossaise produit un art engagé qui l’est par essence, présentant un point de vue subjectif sur la situation féminine actuelle mondiale par le biais des figures qu’elle s’approprie. Depuis plus de dix ans, l’artiste utilise comme forme de prédilection la pilule (Prozac, Valium, Paxil, Xanax, Dexedrine) qui n’est pas exploitée pour ses propriétés de médicament mais plutôt pour ses qualités esthétiques et pour le discours qui peut en émaner. Elle utilise ce modèle qu’elle agrandit démesurément pour créer des pièces au sol ou elle en confectionne des bijoux qui troublent le regard qu’on leur porte. Nous constatons ici deux possibilités de discours : formel, une réflexion sur la sculpture minimaliste qui change notre rapport à l’espace d’exposition, puis critique en ce qu'il souligne l’utilisation excessive d’antidépresseurs, et ce souvent par des femmes. Les images des femmes que Colleen Wolstenholme présente ne sont pas les plus répandues mais les plus percutantes, dérangeantes : des femmes voilées, des religieuses, des femmes oppressées, des corps nus. Elle pose une réflexion sur l’identité perdue à force d’impositions, de contraintes. Multipliant cette imagerie ou l'associant à des motifs de camouflage, lesquels ont subi un léger décalage : on y perçoit des fragments de ce qui pourrait être des logotypes. Un mélange qui fait surgir un doute dans l’expérience esthétique, qui paraît être incohérent mais qui porte à une réflexion dense et à la fois précise. L’œuvre de Wolstenholme se charge d’une pensée féministe où la répétition du motif devient primordial pour la création du récit.
|
Colleen Wolstenholme
Colleen Wolstenholme
Colleen Wolstenholme
|
|
|
La fin d'un arc-en-ciel Du 12 janvier au 27 février 2010
Texte de Mike Patten
Tout ce qui brille n’est pas or Alors que le thème musical Over the Rainbow, tiré du long métrage Le Magicien d’Oz (1939), était synonyme d’espoir après la Grande Dépression, un nombre grandissant d’individus, au cours des dernières années, ont vécu au-dessus de leurs moyens et ont perdu la foi dans le rêve américain. Du boom immobilier à son effondrement, la tourmente de l’actuelle crise financière d’ampleur planétaire nous rappela la précarité des assises sur lesquelles reposent nos institutions financières. Un rapport peut aisément être établi entre ces événements et le projet de vitrine de Simon Bilodeau. Entourée de plâtre blanc et de débris, son installation représente un arc-en-ciel brisé et exsangue au milieu d’un environnement en ruines, tel une cité abandonnée ou un empire déchu. L’intérieur de cet arc-en-ciel en camaïeu de gris scintille contre toute attente de mille feux, tapissé d’une mosaïque de miroir, ce qui pourrait symboliser que le bonheur vient d’abord de soi, et non d’un lieu lointain et abstrait. À sa façon, cet élément miroitant rappelle les ornements de Noël et nous invite à célébrer le véritable esprit du temps des Fêtes. http://www.simonbilodeau.com/
|
Simon Bilodeau
Simon Bilodeau |
|
| Art Mûr / 5826 rue St-Hubert / Montréal, Québec / H2S 2L7 / tél 514 933 0711 / fax 514 933 0721 / admin [arobas] artmur [point] com | ||